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1954. Pourquoi un nouveau club ?

On peut en effet se demander pour quelles raisons, en 1954, un nouveau club moto a été fondé à Lausanne. L'ordonnance fédérale interdisant les courses en circuit vient de tomber, comme une guillotine sur le cou des organisateurs, des passionnés et des coureurs. Plus de courses en Suisse!

Les clubs voient leur élan brisé et ont de la peine à reprendre le dessus après ce coup du sort. On allait s'endormir doucement, et vivre de souvenirs.

Un groupe de membres du Moto-Club Romand ne l'entendaient pas de cette oreille, et n'acceptaient pas cette situation. Après avoir essayé sans succès d'ébranler leur comité, ils décidaient de fonder le Racing-Motor-Club et de se battre pour organiser des courses de motos en Suisse, plus particulièrement en Suisse romande.

Un nouveau club était né, qui n'allait pas faillir à ses buts.


Les fondateurs

Paul AMIGUET, André BAUDET, Emile BAUDIN, Raymond BURNAND, Paul CASTELLA, Paul CLOT, Albert HOFFMANN, Jean LANZ, André LOEWER, Mario LOMBARDI, Jean-Pierre LOOSLI, Auguste MANESCHI, Auguste MANESCHI fils, Eddy PÉCLARD, René PÉCLARD, Jean-Pierre WANDFLUH

Ces seize gars décidés allaient remettre sur pied l'actuel championnat suisse sur route.

La FMS, à l'époque, ne voyait pas cela d'un bon œil et, il fallut à nos fondateurs pas mal d'astuce pour contourner les barrières administratives qui se dressaient devant eux. Mais leur courage, leur volonté eurent raison de tous les obstacles.


Les courses du Racing-Motor-Club

1954:
Course de club Montheron – En Marin, sans la FMS, mais avec le public. Nos coureurs montaient dans plusieurs catégories, quelquefois avec la même moto, afin d'offrir aux spectateurs des compétitions variées et complètes.

1955:
Création du championnat lausannois, trois courses de côte:
Montheron – En Marin
Montheron –Chalet des Enfants
La Bérallaz – Les Saugealles,
avec la collaboration du Moto-Club Romand et du Moto-Club Lémania, mais sans celle de la FMS.

1956:
Même programme qu'en 1955.
La distribution des prix et la fête des champions se firent, comme l'année précédente, lors d'une grande soirée au Casino de Montbenon.

1957:
Comme la Fédération n'autorisait que des courses internes réservées aux seuls coureurs membres du club, il fallait trouver une solution pour augmenter le nombre des participants. C'est comme cela que le Racing-Motor-Club devint, en 1957, Racing-Motor-Club de Suisse. Cette nouvelle raison sociale permettait au club de s'agrandir. Des coureurs de toute la Suisse s'inscrivaient, comme membres actifs au Racing et participaient aux courses qu'il organisa, comme les deux années précédentes, dans la région lausannoise. Et c'est ainsi que le Racing-Motor-Club de Suisse remporta, cette année-la, les coupe FMS du concours de recrutement. En fin de saison, les champions furent couronnés à l'occasion d'une soirée à la grande salle d'Epalinges sur Lausanne.

1958:
Les trois courses de la région lausannoise sont toujours au programme.

1959:
Les environs de Lausanne sont abandonnés, le Racing-Motor-Club de Suisse reprend du Norton-Sport-Club de Genève l'organisation de la course Gimel –St-George.

1960:
Deuxième organisation à Gimel avec la participation d'un futur grand champion des sports motorisés: Jo Siffert, qui courait sur une Manx 350 cc et remporta sa catégorie. Mais déjà il pensait aux quatre roues.
Un fait important marque l'année 1960: l'élaboration du projet de championnat suisse moto sur route.

1961:
Le championnat suisse sur route avec le FMS est mis sur pied: trois clubs, le Racing-Motor-Club de Suisse, Moto-Club Romand et le Moto-Club de Châtel-St-Denis; trois courses, Oulens – Villars-le-Comte, Châtel-St-Denis –Les Paccots, et St-George – Le Marchairuz qui remplace Gimel – St-George. Les clubs travaillent ensemble; il y a un seul programme pour les trois courses, une seule caisse et, course après course, les mêmes travailleurs bénévoles. La fin de cette année est marquée par un changement à la tête du Racing Motor-Club de Suisse; Jean-Pierre Wandfluh, président depuis 1954, abandonne ce poste pour lequel il s'est donné sans compter pendant huit ans. Son successeur est désigné par l'assemblée générale en la personne de Jean Cordey, membre du Racing dès l'année de sa fondation.

1962:
Le championnat suisse 1961 est reconduit, avec une course de plus, Orsières-Champex, et la participation du Moto-Club valaisan.

1963:
La collaboration des quatre clubs se poursuit avec une nouvelle course, Monthey – Les Giettes. Notons que St-George – Le Marchairuz aurait dû être la manche suisse du championnat d'Europe de la Montagne mais le projet, malheureusement, échoua.

1964:
Pas de course de côte pour le Racing-Motor-Club de Suisse, mais une course en circuit à Monthoux sur Annemasse, hors championnat.

1965:
Chaque club organise, pour son propre compte, sa manche du championnat suisse. Le Racing-Motor-Club de Suisse trouve un nouveau parcours: Corcelles-le-Jorat – En Gillette. En collaboration avec la section vaudoise de l'A.C.S., le club s'occupe de la partie moto des courses internationales d'Ollon-Villars. Un grand nombre de coureurs appartenant à l'élite européenne participent à cette course prestigieuse.

1966:
Deuxième édition de la course de côte Corcelles-le-Jorat – En Gillete.

1967:
Cette année voit à nouveau l'organisation de la course internationale 0llon –Villars et de la manche de championnat suisse Corcelles-le-Jorat– En Gillette. Jean Cordey, désirant reprendre le sport actif sur trois roues, renonce au poste de président auquel il avait consacré ses loisirs pendant six ans.
Il convient de rappeler que c'est pendant ces années que se réalisèrent, à l'instigation du Racing-Motor-Club de Suisse, deux nouveautés importantes: la catégorie «sport», réservée à des machines dérivées du tourisme, et le
«Casque d'or», sorte de concours de régularité, aux points, récompensant les coureurs qui avaient participé aux cinq courses romandes du championnat. Enfin, le Racing organisa quelques entraînements en circuit à Monthoux et, même une fois à Monza, mit sur pied la première course moto sur la piste de Lignières et organisa également un trial.

1968:
Pour une année, Sylvain Caffari préside le club et, avec son comité, prépare à nouveau la manche de championnat de Corcelles-le-Jorat. Mais, quatre semaines avant la course, la commune refuse d'accorder au Racing les autorisations nécessaires. Les raisons en sont simples: l'année précédente, des coureurs, installés dès le vendredi à l'emplacement du parc, avaient causé des dommages au foin qui n'était pas encore ramassé; de plus, un groupe d'accompagnants avaient fait scandale au café du village le samedi soir. Le Conseil général avait voté: plus de courses à Corcelles-le-Jorat!
Le président et son comité ne se laissèrent pas abattre et, avec l'aide du toujours dévoué Paul Castella, trouvèrent un autre parcours. En moins de quatre semaines, la course Eclépens – Oulens est mise sur pied. Cette route cantonale rapide et large, ne posait pas le problème des bordiers, car le parcours et ses abords sont propriété cantonale.

1969-1972:
Sylvain Caffari reprend la compétition; il est remplacé à la présidence par Paul Castella. Jusqu'en 1972, la manche de championnat suisse organisé par le Racing sera Eclépens–Oulens.
1969 a vu également, pour la troisième et dernière fois, l'organisation d'Ollon–Villars.

1973-1979:
En 1973, la course du Racing émigre sur le circuit permanent de Dijon, en France. Sylvain Caffari reprend la présidence du club. Cette année-là, la course de Dijon revêtait un caractère public dans toute l'acception du terme. En plus du championnat suisse, une course de formule libre internationale opposait 25 coureurs suisses, 15 français et un anglais; plus de 40 coureurs au départ, la TV romande au rendez-vous, un spectacle inoubliable! Soulignons que le nombre des coureurs inscrits, pour l'ensemble des compétitions, dépassait 230.
Le budget s'élevait à Fr. 54'000.—, en ayant limé au maximum. Le résultat financier escompté ne fut pas atteint, car le temps peu clément nous priva d'un nombreux public. La caisse du club s'en ressentit fortement, puisqu'un déficit de Fr. 20'000.— la laissait ,à fin 1973, complètement vide, malgré l'aide généreuse de onze membres du club qui participèrent au financement de la course. Dès lors, pour les années suivantes, il fallut être plus modeste. Le Racing a continué à organiser Dijon chaque année, sous une forme moins ouverte, en vendant des cartes de supporter-membre passif qui donnent droit à l'accès au circuit.
Citons quelques chiffres: depuis sept ans, 45 collaborateurs se rendent à Dijon lors de la course, pour deux ou trois jours, bénévolement; hôtels, repas, tout est à leur charge; le Moto-Club de Bourgogne, avec 50 commissaires licenciés, assure la sécurité de la piste.
Nous espérons pouvoir continuer à organiser cette course sur le circuit de Dijon (il n'est d'ailleurs pas exclu qu'un jour le Racing-Motor-Club de Suisse y mette sur pied une manche du championnat du monde). Nous savons que les coureurs suisses apprécient beaucoup cette piste et notre mode de faire et c'est avec plaisir, malgré le travail que cela implique, que nous les recevrons en pays bourguignon de nombreuses années encore.

Il est clair que nous n'avons pu relater, dans cette plaquette souvenir, toutes les péripéties de toutes les organisations, ni citer les noms de tous les amis et amies qui ont œuvré pour le Racing-Motor-Club de Suisse et ses courses. Mais nous n'oublions personne, et notre club saura s'inspirer des exemples de dévouement qui nous ont été si souvent donnés pour continuer à mettre sur pied des courses de motos.

Les coureurs du Racing et leurs classements en 25 ans

1962:
Armand Beyeler
passager d'Henri Curchod
Champion suisse Side-car inter.

1963:
Armand Beyeler,
passager d'Henri Curchod
Emile Baudin
Sylvain Caffari
Champion suisse
 
Champion suisse
Troisième
Side-car inter.
 
500 cc national
500 cc national

1964:
Roger Wampfler
Georges Dumoulin
Champion suisse
Champion suisse
50 cc national
500 cc national

1965:
Roger Wampfler
Luigi Pretti
Georges Dumoulin
Philippe Mottier
Champion suisse
Champion suisse
Champion suisse
Champion suisse
50 cc inter.
50 cc national
500 cc inter.
500 cc national

1966:
Roger Wampfler
J.-C. Castella
A. Castella
Champion suisse
Champions suisses
50 cc inter.
side-car national

1967:
Roger Wampfler Champion suisse 50 cc inter.

1968:
Bruno Veigel Champion suisse 250 cc inter.

1974:
Richard Rosset

Troisième

125 cc élite

1975:
Michel Frutschi
Florian Burki
Pascal Mottier
Deuxième
Troisième
Deuxième
350 cc élite
500 cc élite
1000 cc élite

1976:
Roland Freymond Champion suisse 500 cc élite

1977:
Alain Pellet
Pascal Mottier
G. Corbaz/R. Gabriel
Deuxième
Deuxième
Champions suisses
125 cc élite
1000 cc élite
Side-car élite

1978:
Constant Pittet
Pascal Mottier
Pascal Mottier
passager de P. Frick
G. Corbaz/R. Gabriel
Deuxième
Champion suisse
Champion suisse

Troisièmes
500 cc élite
1000 cc élite
Side-car élite
 
Side-car élite

1979:
P.-Alain Sonnay
Michel Frutschi
Michel Frutschi
Roland Freymond
Roland Freymond
Deuxième
2e au championnat du monde
5e au championnat du monde
6e au championnat du monde
10e au championnat du monde
500 cc élite
750 cc
350 cc
350 cc
250 cc
 

Depuis la fondation du championnat suisse, les coureurs du Racing-MotorClub de Suisse ont été classés plus de 150 fois au championnat suisse.

De 1962 à 1979, quinze coureurs du Racing-Motor-Club de Suisse ont marqué des points dans différentes catégories en participant au championnat du monde.

Enfin, de nombreux coureurs du Racing ont glané des places d'honneur dans des courses inter et nationales. Il nous serait ici bien difficile de les nommer tous.


La suite en images (historique 2/2) : cliquer ICI

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Racing Motor Club Suisse - Club de compétition moto

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